« Ce fut un chagrin désordonné. »

« Ce fut un chagrin désordonné. »






« Oublie mon nom. Oublie que j'existe. Oublie même que je respire. Parce que moi-même j'ai oublié combien mon c½ur battait fort, avant... Combien mes sentiments dansaient en te voyant. Tout ça, j'ai oublié, car désormais c'est mort en moi. »





La vie est une belle connerie.

# Posté le lundi 19 mai 2008 14:08

« Océan de nous. »

« Océan de nous. »

«
Et on courait, toi et moi, dans l'océan de nos sentiments. Nos pieds frôlaient l'eau. On flottait accrochés à la bouée de notre amour, celle qui nous repêchera toujours. Ca glissait, sous nous, c'était du verglas inondé de peines toute plus affreuses les unes que les autres. Mais on s'en foutait, nous, on flottait... Et on les regardait se noyer dans la mer de leurs désirs inavoués. C'était marrant, voir ça d'en dessus. On riait. Oh oui, qu'est-ce qu'on riait, à les voir couler sous leurs problèmes. Nous on était si bien, protégés de toutes les tempêtes sous notre armure de bonheur. Toutes les tempêtes, sauf une. Celle de l'amour sale, l'amour d'autre chose. Autre chose de pas forcément mieux, mais autre chose. Car le bonheur finit toujours par lasser, on veut trouver mieux ailleurs. Alors on va chercher, même si on sait qu'on va finir par se planter. C'est à ce moment là que j'ai été éjectée de la bouée ; alors qu'il voulait aller voir si c'était mieux avec une autre quelqu'une. J'ai essayé de nager, j'ai essayé... Mais j'ai pas réussi. J'ai coulé sous le poids du chagrin trop pesant pour résister. Je me suis laissée bousculer par les tourments, m'envoyant toujours plus bas. Et puis j'étais à quelques foutaises empoisonnées de toucher le fond quand j'ai décidé de remonter. J'ai nagé, j'ai nagé dans mes larmes. Mais j'y suis arrivée. J'ai rattrapé tous ces « eux », comme on disait. Et puis je vous voyais, toi et une autre elle. Pas mieux que moi, juste différente. Je m'accrochais à votre bouée mais ça glissait, ça glissait comme du verglas inondé de l'amour que vous vous portiez... »

# Posté le vendredi 16 mai 2008 13:27

Photographe <3

Photographe <3








«
Elle s'approche de moi, lentement, une lueur malicieuse bien cachée dans ses beaux yeux bleus. Un pas, un autre. Je peux humer son parfum si doux, si enivrant. Une courbe, une autre. Mes yeux ne s'en détachent pas. Elle est si belle dans sa petite robe de soie. Et ça virevolte, les sentiments. Et ça grandit, l'ivresse de ses mouvements. Elle se déhanche face à moi, me laissant ébahi de tant de splendeur. Indescriptible, l'excitation monte, monte... Elle pose ses doigts fins sur mon buste, approche ses lèvres des miennes. Mes muscles se tendent, je veux... La toucher, encore. La sentir, encore. L'idolâtrer, encore. La goûter, encore. L'émouvoir, encore. L'aimer, encore plus fort... Ses lèvres sur les miennes me font oublier le monde. Elle s'allonge sur moi, un soupir s'échappe malencontreusement de mes lèvres. Son sourire farceur, ses mains sur mon corps, sa poitrine contre mon buste, ses jambes s'entremêlant aux miennes... J'aime tout chez elle.
C'est trop. Sa petite robe, mon t-shirt et tout le reste. C'est trop, il faut que ça disparaisse. Dans un geste souple et délicat, elle se dévêt devant moi. Sa peau, encore, encore. Mes lèvres sur son corps. C½ur à c½ur. Enfin réunis, corps à corps. C'est majestueux, exquis, incomparable, splendide, sensationnel, fabuleux, profond, féerique... C'est l'amour, le vrai, le seul. C'est un orgasme de sentiments, c'est elle et moi, infiniment... »

# Posté le lundi 12 mai 2008 14:37

« Je crois que la vieillesse arrive par les yeux, et qu'on vieillit plus vite à voir toujours des vieux! »

« Je crois que la vieillesse arrive par les yeux, et qu'on vieillit plus vite à voir toujours des vieux! »
* La citation du titre est de Victor Hugo.

« C'est un texte un peu spécial. Celui d'un vieux fou qui pense à celle qui serait « sa vieille folle ». Mais ce vieux fou écrit seul. Car les ballades en forêt le dimanche matin sont dépassées, l'univers commercialisation extrême – vous êtes tous des merdes a remplacé le bon vieux monde des rêves. Mais nous on continuait. Car il faut le dire, on était un peu vieux jeu, tous les deux. Sur notre banc à réinventer le monde comme des ados. On était bien. Je ne sais pas si c'était de l'amour, mais je crois. Je ne suis pas sûr, vois-tu car on dit que l'amour fait mal pourtant avec toi jamais je n'ai souffert. C'était peut-être le bonheur, Heidi à la montagne version sexagénaires sur leur banc de campagne. Je ne sais plus. A mon âge les souvenirs sont vite confus. Mais je me souviendrais toujours de ces après-midi à te regarder jardiner, sans jamais m'en lasser. Toutes ces soirées passées à lire un bon bouquin dans notre vieux canapé, relevant la tête pour te regarder tricoter. On peut pas dire que c'était notre fougueuse jeunesse, ces jours-là. Mais on aimait ça. C'est comme ça que je me dis que l'amour était bien là... Va regarder une vieille folle planter des fleurs toute la journée et te dire que t'adores ça. Si c'est pas de l'amour, je sais pas ce que c'est. Mais là le vieux fou écrit seul. Après que le vieux fou que je suis ait terminé sa lettre, il la jettera au vent, comme on faisait avant. J'irais sur la colline et regarderais ce morceau de papier s'envoler, comme je l'ai fait pour toi. J'irais ensuite m'asseoir sur mon vieux banc à réinventer le monde comme un ado un peu perdu, trop rêveur, un peu trop foutu. Car un vieux fou sans sa vieille folle à ses côtés c'est le début de la doléance qui pointe le bout de son nez. Car un vieux fou sans sa vieille folle c'est moi sans toi, et ça, ça va pas. »

# Posté le jeudi 08 mai 2008 14:50

Modifié le vendredi 09 mai 2008 12:47

« Personne pour moi. »

« Personne pour moi. »

________________« Un pas devant l'autre. La lumière. Aveuglante. Mes yeux se plissent ; ça fait si lon-
________________gtemps... Il lâche mes mains, je suis libre. Personne. Un passant, un autre. Mais per-
________________sonne. Personne pour moi. Même elle n'est pas là.
________________Un pas devant l'autre. Je glisse une main dans ma poche trouée. Rien, le vide. Ou al-
________________ors l'insaisissable. Un peu comme l'instant présent. Ce que je vis là est vide, ou si plein
________________que c'en devient insaisissable. Une liberté trouée. J'erre dans la ruelle. Sans but, sans
________________fin. On ne fait pas attention à moi, je ne fais même plus peur. Je suis « ce monsieur là
________________-bas » quand une petite fille me montre du doigt. Je me sens exister, affecté par cett
________________-e liberté. Cette liberté que je n'ai pas voulue. Nulle part où aller. Traîner dans les rue-
________________lles, voir les gens sans les regarder. Avoir le monde à redécouvrir et ne plus savoir qu'
________________en faire. Cet instant tant rêvé. J'y suis. Et je hais ça. Plus de vie, seulement un vide.
________________Personne. Personne pour moi.
________________Un pas devant l'autre. Je suis seul. La liberté m'envahit, me terrasse. Je peux aller où
________________bon me semble. Mais non. Tout cela n'est pas pour moi. Des années enfermé, des an
________________-nées perdues à se demander ce qu'_on fout là. Des années piétinées au fond d'_une
________________cellule. Des années passées à regarder notre nous_s'envoler et ne rien pouvoir faire.
________________On pense trop et puis on finit par aimer ça,._La lumière du jour nous effraie,_le beau
________________monde devient moche. Le détestable devient l'adorable. On aime cette solitude entou-
________________rée, cette claustration forcée. Et puis on sort. On nous dit de dégager de là ;on a payé.
________________On se retrouve là.
________________Un pas devant l'autre. Une main dans une poche trouée, la liberté enfin retrouvée. On
________________erre à la recherche de...Personne. Personne pour moi. »

# Posté le jeudi 01 mai 2008 09:06

Modifié le vendredi 02 mai 2008 05:35